Nous parlons ici du canal de Neuffossé «historique», appelé parfois « Canal d’Arques » ou « Ancien canal », et non de la déviation à grand gabarit de Saint-Omer ouvert depuis 1955 à la sortie d’Arques, juste avant le grand Vannage dont nous parlons par ailleurs. L’Ancien canal a joué dans l’histoire de la région un rôle d’abord militaire puis commercial, pour devenir aujourd’hui touristique.

         Dans les années 1050, Baudoin de Lille, comte de Flandre, souhaitait protéger son territoire de l’assaut imminent de l’Empereur du Saint Empire Romain Germanique  Henri III, qui venait de s’emparer de Lille.

         Il fit construire en 3 jours par une armée repartie sur 24 chantiers, un fossé défensif de 12 km de long, alimenté en eau par la Lys.

         Cet ouvrage empêchera bel et bien l’assaut de l’Empereur.

         Au XIIe siècle, le fossé est complété par des ouvrages défensifs «les Boulevers» qui serviront au cours de plusieurs batailles.

         Au XVIIIe siècle, sous Louis XIV, Vauban décida de transformer le fossé en canal, pour en faire une voie de transport militaire de 18km de long entre la Lys et l’Aa. Ce ne fut réalisé qu’en 1753 ; le fossé était devenu le canal de Neuf-Fossé.   En 1882, le canal bénéficia de la standardisation des voies navigables décidée par Louis Becquey, directeur des Ponts et Chaussée et des Mines (gabarit Becquey), puis en 1887 des nouvelles normes décidées par Charles de Freycinet, ministre des Travaux Publics (gabarit Freycinet).

         Enfin depuis 1967, ce fut la mise en conformité avec les nouvelles normes dimensionnelles internationales.