A la fin du XIXe siècle, Saint-Omer subit un profond changement dans son paysage urbain, avec le démantèlement des remparts.

Dès 1850, cette question suscite de nombreux débats au sein des conseils municipaux. Il faut cependant attendre l’année 1891 et l’intervention d’Alexandre Ribot, audomarois de naissance, alors ministre des Affaires Etrangères, pour que le Ministère de la Défense déclasse la place de Saint-Omer, entraînant le démantèlement des anciens remparts de Vauban, démantèlement qui s’étalera sur deux ans, de 1892 à 1894. Les matériaux de cet ouvrage de la fin du XVIIe siècle, servirent à combler les fossés. Une seule partie sera sauvegardée, afin d’y établir un jardin public.  Un premier tracé, sur une surface de 15 ha, est élaboré en 1892 ; celle-ci sera portée à 20 ha cinquante-quatre ans plus tard…     

    
     1894 : la France se passionne pour l’affaire Dreyfus.
       

     A Saint-Omer, la municipalité de François Ringot décide du lancement des travaux d’aménagement du site.  Elle décide de prendre conseil auprès de différentes personnes : M. Mongy, directeur des travaux de la ville de Lille fut chargé de l’étude du projet ; M. de Saint-Léger, jardinier en chef de la ville de Lille, fut choisi comme consultant sur le choix des arbres à planter ; enfin M. Guinoiseau, ingénieur des travaux, embauché par la ville pour le démantèlement et la reconstruction urbaine, fut également chargé de la réalisation du parc.

 Jardin Public Saint-Omer    Dans la séance du 10 novembre 1894, un crédit de 40.000 F est voté sur les 60.000  qui seront dépensés en deux ans. Les premières plantations ont lieu en février 1895 ; quelques mois plus tard, le 19 octobre, les élus audomarois prennent la décision de créer une serre municipale et d’installer dans le parc des toilettes publiques, pudiquement nommées : « chalet de nécessité »…

     En mars 1896, on installe la grille d’entrée côté boulevard, celle-ci débouche à présent sur l’allée du Parc. Un mois plus tard, François Ringot propose d’honorer la mémoire de Louis Martel*, en y élevant une statue. Le buste de cet audomarois méconnu se trouve encore de nos jours  à la même place, en bordure de l’allée principale. Enfin, le 14 août 1896, le conseil municipal décide d’aménager un jardin botanique composé d’espèces rares…

A cette époque, le jardin était ouvert de 9h à 19h et totalement fermé en hiver.

    

kiosque

     Quant au kiosque, il est mis en adjudication le 1er février 1896. Très en vogue à cette époque, cet équipement festif, à la structure métallique, s’élève rapidement, suivant les plans de l’ingénieur-architecte Guinoiseau. Quelques mois plus tard, la musique du 8e de Ligne y donne  ses premiers concerts. D’autres formations musicales s’y produiront : la fanfare municipale, l’Orphéon, les élèves du collège Saint-Bertin…  Au programme, des airs d’opéra comique, d’opérettes ainsi que des chansons populaires  dont les noms résonnent encore aux oreilles des plus anciens : « Nini Peau d’chien », « Madame Arthur », « Frou-frou » ou cet air qui dut faire battre bien des cœurs, dans les charmilles du jardin public « Plaisir d’Amour … » Les aubades se prolongent cette année-là jusqu’à la fin août, devant un public conquis,  appréciant le cadre beaucoup plus agréable que celui de la place Sainte-Marguerite (actuellement place A. Ribot), où s’élevait, depuis plusieurs années, un autre kiosque, qui devait disparaître à l’aube du XXe siècle.


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