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     C’était la nuit du 1er février 1954. L’abbé Pierre, qui a créé quelques années auparavant le mouvement Emmaüs est en maraude dans Paris avec quelques-uns de ses compagnons. Il apprend qu’une femme vient de mourir boulevard Sébastopol. Il se rend alors à Radio-Luxembourg et lance son appel…

     Aujourd’hui, le manque de travail frappe en masse, en ville, en campagne, des gens qui sont insérés ; ils dégringolent, parfois jusqu’au manque de logement. Notre région n’est pas épargnée par ce fléau du mal-logement.

Emmaüs existe à Saint-Omer depuis plus de quarante ans. C’est en effet dès 1967 qu’un modeste vestiaire a été ouvert rue de Bergues, relayé en 1969 d’un bric-à-brac, accompagnant la constitution officielle de l’association emmenée par un Comité d’amis. En 1973, sous l’impulsion de l’Abbé Pierre et pour sensibiliser l’audomarois, une communauté itinérante s’installe durant 6 mois donnant ainsi naissance à la MAHRA.

Emmaüs a pris son essor en octobre 1982 avec son installation dans l’ancien couvent des Clarisses, place de la Ghière, et l’arrivée d’une communauté de 21 chiffonniers que l’abbé Pierre et le père Léon vinrent encourager en 1985. Après l’incendie des locaux en 1998, la communauté dut se disperser, six compagnons s’installant dans une ancienne ferme aux Attaques. Elle se reconstitua en 2000 dans l’ancienne sucrerie Côtillon-Belin, à Saint-Martin-au-Laërt. En 2002, une plate-forme internationale d’Emmaüs France (la cathédrale) a été inaugurée sur ce site en présence de l’abbé Pierre. Enfin, en octobre 2008, la «chiffonnerie d’Emmaüs» voit le jour à Calais dans un quartier à fort taux de chômage.

La Communauté d’Emmaüs repose sur une forme de «trépied» constitué de Compagnons, bénévoles, salariés, administrateurs bénévoles. Chacun met son savoir-faire, son savoir-être, sa foi, son amour des autres au service des plus démunis.

 

Nous aurons l’occasion de revenir plus longuement sur la communauté d’Emmaüs de Saint-Omer au travers de plusieurs reportages.

 

Notre photo : en 1990, un autre grand humaniste le Père Lucien Bello, curé de la paroisse Notre-Dame, à Saint-Omer, accueille dans son église l’abbé Pierre et le Père Léon. Reçu à l’Hôtel de Ville, l’abbé Pierre écrit sur le livre d’or, avec sa franchise habituelle : « la beauté d’une ville n’est pas dans ses palais, ses parcs ni même sa cathédrale mais de ne pas avoir une seule famille sans toit, sans travail, sans pain ».