Fort Saint Michel

Il était autrefois un lieu de promenades bucoliques et de rendez-vous des amoureux. On y accède encore par un simple chemin venant de la rue des Frères-Camus à Longuenesse.

Le Fort Saint-Michel est mal connu des audomarois. Pourtant, il laisse un caractère historique assez surprenant. Aujourd’hui refuge des chauves-souris, il se perd dans la végétation et reste un témoin oublié  de la ville fortifiée qu’était Saint-Omer.

 

Il y avait au milieu du XVe siècle au sud de la ville, un faubourg appelé du nom du patron de son église faubourg Saint-Michel. Ce faubourg fut rasé en 1477 et l’église détruite en 1522 puis rebâtie sur une colline appelée mont Saint-Michel.

Le mont Saint-Michel a son épisode dans l’histoire du siège de Saint-Omer par le maréchal français de Chatillon en 1638 : les Espagnols  de Charles Quint se retranchèrent dans cette colline. Ils en furent délogés et les assiégeants y  établirent une batterie de douze pièces, avec laquelle ils brûlèrent ou endommagèrent nombre d’églises de la ville et de la banlieue, à commencer sans doute par l’Eglise Saint-Michel de la colline.

La tentative de Chatillon échoua. Toutefois, pour prévenir une nouvelle occupation du mont Saint-Michel par les Français, le Magistrat de Saint-Omer fit construire sur ce mont un fort : telle est l’origine du fort Saint-Michel.

Le fort Saint-Michel ne fut point inutile aux défenseurs de la place de Saint-Omer en 1677 : s’il n’empêcha point alors le duc d’Orléans de bombarder l’ancienne porte Boulisienne (remparts ouest) et la halle échevinale du « Grand Marché », il mit au moins la porte Sainte-Croix à l’abri des boulets des assiégeants et il força finalement ceux-ci, en donnant au prince d’Orange le temps d’accourir au secours des assiégés, à changer leurs positions et à attaquer les remparts du côté du Fort aux Vaches.

Le fort Saint-Michel, appelé aussi fort Bournonville, se composait d’une plate-forme polygonale couverte par un rempart en terre et dans laquelle on pénétrait du côté de la ville par un ravin creusé également dans la colline, du côté des champs par un petit chemin vert menant de la route des Bruyères au glacis du fort. Au centre de la  plate-forme s’élevait jusqu’à la hauteur du glacis le sommet d’une tour circulaire plongeant dans le sol jusqu’à l’orifice d’une galerie souterraine. Dans la partie du rempart de terre tournant le dos au plateau des Bruyères,  s’ouvraient vers la ville trois grandes casemates, avec toits et parois en maçonnerie, destinées à abriter sous leurs arcades les défenseurs du fort contre le feu des batteries ennemies.

Aujourd’hui, nous vous présentons dans cette animation la partie encore visible et contiguë aux terrains des sports de Saint-Omer. L’autre partie historique du site se trouvant sur le territoire de la commune de Longuenesse est malheureusement inaccessible, enfouie,  isolée par le passage de la rocade de contournement.