BLASON     Les armoiries de Saint-Omer trouvent leur inspiration dans l’histoire même de la cité. Elles se composent du blason de gueule à croix à double traverse d’argent, surmontée d’une couronne et entourée de rameaux de lauriers sur lesquels sont appendues les deux croix de guerres (1914-1918 et 1939-1945).

En héraldique, la croix de Saint-Omer correspond à la croix patriarcale dont la traverse supérieure est plus courte que celle inférieure et qui se rapporte à la croix du Christ, surmontée d’un titulus portant l’acronyme INRI (Iesvs Nazarenvs, Rex Ivdæorvm Jésus de Nazareth, Roi des Juifs.

Cette croix apparait dans les armoiries de la ville, sur le sceau aux causes, c’est-à-dire, le sceau utilisé pour authentifier les actes et les transactions  à Saint-Omer depuis le Moyen Age. La version la plus ancienne de ce sceau apparait dans un acte de 1209 entre la communauté des échevins et l’abbaye de Saint-Bertin et dont l’empreinte est reprise dans « L’histoire sigillaire de Saint-Omer » paru en 1861. Omer y est représenté en habit d’évêque coiffé de la mitre et portant la crosse. Sur le contre-sceau, apparait la  fameuse croix entourée de l’inscription : [signum sancte crucis], évoquant la croix du Christ.

Sceau aux causes 1209 Histoire sigillaire2

     De nombreux reliquaires de la Vraie croix, comme la croix staurothèque de Clairmarais conservée au Musée de l’hôtel Sandelin  (c. 1220), avait à l’époque, la forme de la croix à double traverse. La présence de reliques de la Vraie croix amenés par les Croisés en terre sainte à Saint-Omer  pourraient expliquer le choix de ce motif sur les amoiries de la ville. En effet, bon nombre de chevaliers issus des familles du Nord de  la France et notamment les chatelains de Saint-Omer s’y rendèrent. L’un des plus célèbres d’entre eux, Geoffroy de Saint-Omer fonda vers 1129 avec Hugues de Payns, l’ordre des templiers.

Les armoiries furent enregistrées à l’Armorial Général de France de Charles d’Hozier dans le registre de la Généralité d’Amiens en aout 1698. Sur le document original (Bibliothèque d’agglomération de Saint-Omer, archives communales de Saint-Omer, AB XXXVI, n°3), elles apparaissent dans la forme que l’on connait aujourd’hui, sans les croix de guerre et sans la couronne. Elles furent confirmées après la restauration de la monarchie à Paris le 25 novembre 1815 à la demande de Pierre François Wattringue, maire de Saint-Omer.

Liens vers Histoire sigillaire

http://books.google.fr/books?id=E9xISU3Ff2QC&pg=PA1&hl=fr&source=gbs_selected_pages&cad=2#v=onepage&q&f=false

Liens vers L’Armorial général de France

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110595z/f1.item

 

  • HERMANT (Alexandre) et DESCHAMPS DE PAS (Louis), Histoire sigillaire de Saint-Omer, Paris, 1861.
  • COOLEN (Georges), « Les armoiries de Saint-Omer », Bulletin des Antiquaires de la Morinie, t. XVII, 1941, p. 393 à 397.